Chastre pourrait perdre deux conseillers communaux et un échevin dès les prochaines élections
Le gouvernement wallon a présenté son budget ce matin et entend réduire le nombre de mandataires politiques locaux dans le cadre de sa réforme des pouvoirs locaux. À Chastre, cette évolution se traduirait par la suppression de deux sièges de conseiller communal et d’un poste d’échevin. Seuls 17 conseillers (contre 19 actuellement) seraient élus lors des prochaines élections communale en octobre 2030.
Cette diminution s’inscrit dans un projet plus large de fusion des communes et des CPAS au sein d’un « service public local intégré ». Selon les chiffres présentés par le gouvernement wallon, la réforme entraînerait, à terme, la disparition de 766 mandats locaux : 510 conseillers communaux et 256 échevins. Le CPAS devra fusionner avec l’administration communale. Il en résultera un « Pôle d’Actions Sociales », le futur PAS. Ce rapprochement des services communaux et du CPAS devra être effectif d’ici 2031.
Pour les petites communes comme Chastre, la perspective de supprimer un poste d’échevin nous pose question. Les échevins à Chastre sont au nombre de 4. Ils y assurent le suivi de compétences variées, qu’il s’agisse des travaux, de l’enseignement, des finances, de l’environnement ou de la vie associative. Réduire leur nombre ne signifie pas pour autant faire disparaître les dossiers à traiter. Il n’est pas rare de voir des échevins réaliser bon nombre de tâches administratives qui sont, dans les plus grandes communes, assurés par du personnel communal qu’une petite commune ne peut pas se payer… Est-ce que les échevins restants pourront assurer des compétences supplémentaires sans devoir engager du personnel supplémentaire pour les aider ?
Cette réforme intervient également dans un contexte budgétaire difficile pour les pouvoirs locaux. Le gouvernement wallon prévoit notamment de limiter l’indexation du Fonds des Communes : en 2027, la hausse serait ramenée de 3,7 % à 1,7 %. Pour 2028 et 2029, la limitation pourrait aboutir à une absence d’indexation.
Le gouvernement entend par ailleurs supprimer les provinces à partir du 1er janvier 2031, tout en maintenant leurs services. Cette réforme nécessite toutefois une majorité des deux tiers au Parlement wallon, que la coalition MR-Engagés ne détient pas à elle seule.
Entre réduction du nombre d’élus, contraintes budgétaires et réorganisation des services publics, les prochaines années s’annoncent donc déterminantes pour les communes wallonnes. À Chastre, la question sera notamment de savoir comment maintenir un suivi efficace des dossiers locaux avec moins de mandataires.

