La Terre du Milieu cherche son eau
L’image parle d’elle-même : la réserve d’eau du couple de maraîchers est presque vide. « En ce début mars, elle devrait déborder si nous avions une pluviométrie normale à la sortie de l’hiver« . Mais 2025 n’a pas été une année normale selon François Fergloute. Il le dit sans détour : « S’il pleut comme l’année passée (2025), le bassin, ne fera que se vider. »
Avec sa compagne Sarah, François cultive depuis 2023 un peu plus d’un hectare à Blanmont, entre Chastre et Hévillers. Leur exploitation, La Terre du Milieu, produit une cinquantaine de variétés de légumes en agroécologie sans eau courante et sans électricité. Un choix assumé. « Pour deux, il ne faut pas plus », sourit François. Laitues, tomates, aubergines, courges, poivrons partent en paniers-abonnements ou sur trois points de vente : le jeudi dans leur local de Chastre, le vendredi au Petit Marché de Mont-Saint-Guibert, et le dimanche au marché de Chastre.
Le modèle repose sur un équilibre fragile. Deux mares ont été créées sur le terrain. Une première est exclusivement dédiée à la biodiversité : grenouilles, oiseaux, insectes auxiliaires y trouvent refuge. La deuxième, plus grande, est alimentée par l’eau de pluie récupérée via les serres et acheminée jusque là. « Sans eau, dans le désert, il n’y a rien qui pousse », résume François, pragmatique.
Les deux premières saisons, 2023 et 2024, avaient été pluvieuses, 2024 ayant même été l’année la plus humide jamais enregistrée à Uccle depuis le début des relevés de l’IRM. Le système tenait. Puis 2025 arrive, et avec elle, une petite catastrophe. Un important manque de précipitations change les plans de nos maraîchers. Le Brabant wallon figurait même parmi les zones les plus touchées de Wallonie, classé en situation sèche à très sèche par la Cellule sécheresse du SPW dès juillet 2025. Le bassin se vide sans se remplir. François se retrouve à transporter lui-même des cubis de mille litres entre son domicile et le champ. « Ça prend un temps considérable. Déjà, vu la charge de travail en maraîchage, c’est compliqué de faire le métier de transporteur en plus. » Pire encore : le couple doit choisir quelles cultures sacrifier. « On a dû vraiment choisir quelle culture privilégier du fait du manque d’eau. »
Une solution va s’imposer pour le couple : forer un puit de 60 à 70 mètres de profondeur pour atteindre la nappe souterraine. « Avec l’incertitude des conditions climatiques, un forage devient indispensable », précise François. Le projet est en attente du feu vert de la Région wallonne. Mais ce forage a un coût. C’est là que Sarah et François font un appel. Ils ont lancé une campagne de financement participatif sur MiiMOSA. Objectif : 19 500 €. Une somme qui permettra de financer, via 3 palliers, totalement le projet. À ce jour, 8 593 € ont été récoltés grâce à 107 contributeurs. Le deuxième pallier de 12000€ n’est plus très loin. Les contreparties vont, selon François, « d’un gros câlin et un merci » à « une nuit à la belle étoile sur le champ pendant la bonne saison ». De quoi soutenir un projet utile, ancré dans le territoire, porté par deux maraîchers qui ne demandent qu’à continuer à nourrir leur village.
N’hésitez pas à suivre ce lien pour toutes les informations du financement et soutenir la campagne. Celle-ci se termine le 28 mars 2026. Retrouvez toutes les informations de La Terre du Milieu sur leur site Internet




