Dans les coulisses des Fraises du Piroy

Elle est connue de beaucoup de Chastrois, la fraise du Piroy est un joyaux de notre agriculture locale. Véritable trésor gustatif, cette fraise se récolte avec la plus grande délicatesse afin de préserver l’aspect et la beauté du fruit dans l’assiette du consommateur. Immersion chez les Charlier, créateurs de ce produit d’exception.

Dimanche dernier, l’aubette des fraises du Piroy a ouvert ses portes à tous. Sur réservation depuis 10 jours, la production de fraises chastroises est entrée dans son rythme de croisière. Pierre-Yves et Régine Charlier proposent, tous les jours, des fraises cueillies le matin même, à toute sa clientèle.

Depuis 6 ans, Pierre-Yves Charlier est fraisiculteur à Chastre. Lui et sa famille sont les chevilles ouvrières de « La fraise du Piroy ». Une production de fraises et d’asperges familiale, à taille humaine dédiée exclusivement à une clientèle locale.

Dans une époque où tout doit aller de plus en plus vite, la culture de la fraise demande du temps : neuf mois de travail sont nécessaires pour ma production

Pierre-Yves Charlier, fraisiculteur à Chastre

Durant sa carrière professionnelle, Pierre-Yves Charlier, agronome de formation, a côtoyé de nombreux producteurs de la région de Wépion. Il est passionné d’agriculture depuis son enfance et a toujours été attiré par cette culture de la fraise. « Un jour, je produirai mes fraises » se disait-il. Ce qui lui a fait passer le pas ? « Je voulais essayer d’inculquer l’amour de la terre à mes enfants, leur apprendre la patience de la culture. Dans une époque où tout doit aller de plus en plus vite, la culture de la fraise demande du temps : neuf mois de travail sont nécessaires pour ma production ! »

Entouré des bonnes personnes, Pierre-Yves a appris le métier pendant 2 ans. « Si j’ai appris consciencieusement la culture de la fraise, un mois avant ma première production, j’étais nulle part en ce qui concerne la vente » nous confie Pierre-Yves. Je voulais deux points de vente : un à la maison et un autre au Delhaize, la grande surface de la commune.  Mon épouse, Régine, ne voulait pas interférer dans mon projet. Mais à trois semaines du début de la production, « Régine a vu les fraises rougir et la quantité de fruits augmenter, elle a pris les choses en mains ». L’épouse de Pierre-Yves a organisé toute la vente et a créé une page Facebook pour faire la promotion de leur produit dans la région. « Faire une bonne fraise, c’est une chose mais si on ne sait pas la vendre, ça ne sert à rien ! » précise Pierre-Yves, fier du binôme qu’il fait avec son épouse dans cette aventure.

Aujourd’hui, la petite activité de 2014 a bien grandi mais tout en restant dans une taille humaine. « Aux débuts, nous avions deux tunnels de 60 mètres. Cette année, nous sommes à quatre tunnels de 120 mètres chacun. Soit près de 500 mètres de production » précise Pierre-Yves. Une culture qui débute au mois de juin avec l’achat des plants de différentes variétés. Ceux-ci seront mise en terre au mois d’août. Les plants sont entretenus tout l’hiver pour être « réveillés » à partir du mois de février. Et cette culture n’est pas sans risque tout au long de l’année. Il y a les fortes de températures de la fin de l’été, le vent qui peut endommager les serres et le gel de printemps qui peut abimer le fruit et diminuer drastiquement la production. L’irrigation des serres est également très importante. Trop d’eau peut dénaturer le goût du fruit.

La vente des fraises a commencé bien plus tôt que les années précédentes. Les clients sont nombreux et la production ne suit pas les réservations. Une explication ? Pierre-Yves a tenté un coup de poker au début de l’année qui a payé et lui a permis de devancer ces concurrents d’une quinzaine de jours. “Pour proposer un beau fruit tôt dans la saison, il faut réveiller les fraisiers plus tôt. J’ai pris le pari de commencer fin janvier à installer mes tunnels et de consolider mes serres pour faire face aux vents du mois de février. J’ai également planté une variété assez précoce comme la “Flair”. Le beau temps des mois de mars et avril a fait le reste et m’a permis d’avoir un très bon taux de sucre dans le fruit très rapidement. »

En moyenne, la période de vente de fraises dure 7 semaines, soit jusqu’à la mi-juin. Mais cette année, Pierre-Yves a eu l’opportunité de commander une variété de fraise plus tardive : la Murano. Elle sera plantée dans le courant du mois de mai et permettra à la famille Charlier de proposer des fraises de fin juillet à octobre, au Delhaize de Chastre et, peut-être, au marché de Chastre.

On a un très bon sol ici à Chastre, riche en humus. L’asperge le rend bien. C’est un produit noble. C’est aussi une culture pérenne, qui génère moins de stress que la fraise.

Pierre-Yves Charlier

Pierre-Yves ne souhaite pas augmenter sa production. Il veut rester « à taille humaine ». Mais il ne s’interdit pas de se diversifier. C’est la raison pour laquelle il a débuté une production d’asperges. En 2017, il a créé une petite aspergeraie de 10 ares. « On a un très bon sol ici à Chastre, riche en humus. L’asperge le rend bien. C’est un produit noble. C’est aussi une culture pérenne, qui génère moins de stress que la fraise. On ne craint pas le vent et le gel. Il y a juste un travail d’entretien du terrain et d’irrigation. L’asperge a aussi l’avantage de se vendre à la même période que les fraises ». On retrouve Malo, le fils ainé de Pierre-Yves et Régine, dans l’aspergeraie. Il aide bien volontiers ses parents dans la récolte. Armé de son petit couteau et d’un mètre, il mesure méticuleusement chaque plan d’asperge pour ne découper que celle qui répondent aux normes. « Il n’y a pas grand-chose ce matin, je n’ai que deux petites bottes pour une ligne. Hier, c’était bien plus » nous dit le garçon de 12 ans, fier de son travail.

Une culture qui demande également de la patience. Une aspergeraie va mettre, au minimum, trois ans pour donner une production optimum. Mais cela n’a pas arrêté Pierre-Yves, il vient de planter 30 ares supplémentaires d’asperges. « Ce n’est pas un grand risque financier mais je souhaite être encore un peu plus indépendant. Je suis reparti pour trois ans d’investissement et de travail avant de pouvoir commencer à rentabiliser cette nouvelle parcelle. » À terme, Pierre-Yves souhaite offrir ces asperges vertes à toute sa clientèle et à la grande surface de la commune. Il espère arriver à une production annuelle de deux tonnes.

La production locale fonctionne bien dans notre région. Et le côté familial de la production est très apprécié par la clientèle de Pierre-Yves. Au final, Pierre-Yves est satisfait et fier de son travail abattu depuis 6 ans. “C’est un métier particulier et dur. Mais quand on a la volonté, on y arrive.” Il dit aussi avoir réussi son objectif : ses enfants ont pris conscience de la richesse de notre terre.

Notre reportage photos au coeur de la production

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